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Un homme, une femme selon David Nicholls par Olivia Phélip, le 17 février 2011 Un jour (Belfond) du romancier anglais David Nicholls relate l’évolution de la relation amour-amitié d’un homme et d’une femme dans le Londres des années 80 aux années 2000. Une histoire emblématique des romances modernes, plus près de Harry rencontre Sally que de Roméo et Juliette, qui emporte le lecteur sans crier gare sur plus de 500 pages et qui vient de faire l’objet d’une adaptation au cinéma. David Nicholls qui a reçu pour ce livre le Galaxy Books Awards en 2010 (Le Goncourt anglais) , confie à Viabooks ses petits secrets d’écrivain, ses doutes sur les relations entre les hommes et les femmes… et sa passion de l’écriture. ->Lire notre critique de Un Jour de David Nicholls ( traduit de l'anglais par Karine Reignier) Nous avons rendez-vous dans un de ces hôtels du quartier latin qui sonnent tellement français pour un anglais et tellement anglais pour un français. David Nicholls porte un costume de coton sombre. Il parle avec une voix douce et semble beaucoup plus timide que sur la photo tout sourire donnée par la maison d’édition. Il ne boit jamais de thé, expliquant qu’il doit être le seul britannique à ne pas apprécier ce breuvage et se prépare à répondre à nos questions avec le courage d’un soldat de sa Majesté the Queen. Interview. -Viabooks : Votre livre explore les relations hommes /femmes sous un jour moderne. Les frontières entre amitié/amour/tendresse sont ambigües. Un syndrome très caractéristique de la confusion des sentiments chez les jeunes d’aujourd’hui. Avez-voulu écrire le Roman d’amour des années 2000 ? -David Nicholls : Un jour est une histoire d’amour, c’est comme cela que je l’ai écrit et pensé. L’amitié est certainement une des formes d’amour de notre vie, et ceci est plus que jamais vrai aujourd’hui. Si je pense à mes parents qui sont toujours restés mariés ensemble et ont centré leur vie sur leur cellule familiale, alors oui, je peux dire qu’en quelques décennies la société a changé totalement. Nous sommes entrés dans l’ère du « variable ». Mais pour autant les sentiments sont intenses. Pour moi Dexter et Emma vivent une grande histoire d’amour. Ce n’est pas comme dans Roméo et Juliette. Cet amour va prendre plusieurs visages, ses frontières sont elles-mêmes changeantes, les protagonistes vont suivre une carte du Tendre sinueuse, mais peu importe, c’est cela l’amour. Et en ce sens oui, emblématique peut-être d’une époque. -VB : Parlons de votre titre « Un jour ». Il est à double sens, car on peut le lire comme une invitation à un avenir, ou comme à l’allusion au sens littéral. Et vous jouez sur les deux significations. Mais ce jour unique, date anniversaire de la rencontre des deux protagonistes, c’est presque l’éternel retour, ou le jour sans fin ! Pourquoi avoir choisi le 15 Juillet pour cette date anniversaire ? -D.N : Concrètement il me fallait une date qui corresponde à peu près à la fin des cours d’Université, donc il fallait que ce soit en Juillet. Ensuite, j’ai choisi précisément le 15, parce qu’il n’a aucune signification, ne correspond à aucune date officielle. Je trouvais intéressant qu’il existe une totale neutralité. De manière sous-jacente, il existe un petit proverbe en Angleterre qui dit que s’il pleut le 15 Juillet, tout l’été sera pluvieux. Alors je me suis dit que même si ce 15 Juillet n’avait pas de signification directe, il servait de signal de « quelque chose ». Et cette date sert bien de repère. C’est un « remember me », l’écho d’un pacte. Même si parfois, les héros du livre oublient la date, quelques évènements finissent toujours par la leur rappeler. -VB : L’échec, les rêves qui s’écroulent les ambitions revisitées : il y a tout cela aussi dans le livre. Peut-être le passage tout simplement à l’âge adulte ? On dirait que vous êtes un peu nostalgique de cette période de la jeunesse où tout est possible ? -D.N : Nostalgique je ne sais pas. Mais j’écris aussi sur ce que j’observe. Beaucoup de mes amis de l’Université ont pris des voies prévisibles, d’autres pas. Dans les années 50 les vies étaient tracées pour beaucoup, ce qui pouvait être sécurisant mais aussi enfermant. Aujourd’hui, on peut changer de voie ou de vie, hésiter, rêver… Inévitablement on rencontre des désillusions au fur et à mesure qu’on avance, mais aussi des grandes surprises. Mon héros Dexter réussit très bien sa vie professionnelle, mais il bouge beaucoup, il trouve aussi des limites y compris dans sa propre « vanité ».
-VB : La différence sociale entre Dexter et Emma est un élément important. Vous décrivez parfois cette distorsion. Etait-il important pour vous de montrer comment l’intimité exacerbe parfois les disparités de « classe » ? -D.N : C’est un peu une obsession chez les britanniques. La première chose qu’on demande est « Que font tes parents ? ». Ceux qui ont des parents qui travaillent, la « working class » en tirent une sorte de fierté, mais ils ne seront jamais comme ceux qui sont des héritiers et qui gèrent un patrimoine . Ceux-là ont des « occupations » c’est très différent. Il y a un fossé énorme entre les classes sociales et l’accès à certaines écoles est quasi-impossible à ceux qui ne font pas partie du « petit cercle ». Emma vient d’un milieu de petite middle-class. Elle n’a pas autant confiance en elle que Dexter qui lui vient de l’Upper Class et qui est conditionné pour se considérer supérieur. -VB : Vous créez avec Emma un très beau portrait de femme. Compréhensive, pleine de vie, qui souffre dignement parfois… Vous pensez que les femmes sont plus fortes, plus « dignes » au jeu de l’amour et de la durée ? -D.N : J’aime beaucoup ce personnage, même si je ne l’idéalise pas. Je voulais faire d’elle celle qui a toujours la réaction juste, celle dont on dit « elle est la best personne dans la pièce ». Je lui ai un peu transmis mes valeurs ! -V.B. : Alors pourriez-vous dire comme Gustave Flaubert à propos de son héroïne qui s’appelait aussi Emma : « Emma Bovary, c’est moi » ! -D.N : J’admire beaucoup Gustave Flaubert. Merci de faire un parallèle avec lui ! Oui, un peu. J’ai mis beaucoup de certaines de mes préoccupations chez elle, notamment une sorte d’insécurité. -VB : A l’inverse, vous n’êtes pas toujours tendre avec Dexter ! Vous le rendez même insupportable parfois : capricieux, enfant gâté. Il y a même un moment dans le livre où vous dites que les journaux se moquent de lui et le traitent « d’homme satisfait de lui-même ». Pourquoi avoir imaginé un homme si peu « prince charmant » ? -D.N : Dexter est très actif. Il voyage, réussit, marque de son empreinte le monde. Alors il est souvent égoïste et ambitieux. Il me semble qu’il s’améliore au fur et à mesure du livre. A la fin, il a 43 ans, et on peut penser que désormais il va davantage se recentrer à l’essentiel. Emma est au fond sa « meilleure part ». -VB : Votre livre porte un regard sur deux décennies de l’Angleterre, pendant lesquelles il se passe comme 2 siècles… Que retenez -vous de ces années 90 ? -D.N : La Grande Bretagne a connu deux décennies qui ont été extraordinairement stimulantes. Vers la fin des années 80, elle sortait d’un long tunnel de crise et elle s’est tournée vers une sorte de résurrection de la mode, la musique. Les années 90 ont été comme une grande fête, avec ses excès, l’extasy, la cocaïne. Il était intéressant de se servir de ces années en toile de fond de la jeunesse. -VB : Parlons du film réalisé par Lone Scherfig avec Anne Hatthaway et Jim Sturgess. C’est une grande aventure de voir son livre adapté à l‘écran. Comment avez-vous géré le travail du script ? -D.N. : Le tournage du film est terminé. Un producteur m’a contacté très vite après la sortie du livre pour l’adapter au cinéma. J’ai écrit le script moi-même car je voulais m’impliquer dans le projet. C’est un exercice très différent, car c’est un processus d’écriture qui s’inscrit dans un projet d’équipe, si bien qu’il convient de tenir compte de nombreux paramètres. Mais c’était passionnant. Le film devrait sortir vers Septembre 2011. -V.B : Vous n’échappez à la traditionnelle question Viabooks sur vos écrivains favoris ?! -D.N : Charles Dickens, mon premier « amour », Il est un écrivain qui sait admirablement raconter les histoires tout en représentant la topographie sociologique d’une époque. J’admire aussi beaucoup les grands écrivains américains comme Philipp Roth, Saul Bellow, J.D. Salinger. Un écrivain me touche particulièrement quand il a une ambition populaire et humaniste. -V.B. : Prochain ouvrage ? Les années 2000 ? -D.N. : Je ne sais pas encore, car je suis encore complètement absorbé par Un Jour. Certainement un livre plus court et ce ne sera pas une histoire entre un homme et une femme ! Infos pratiques David Nicholls, Un jour, Belfond Traduit de l'anglais par Karine Reignier par Olivia Phélip, le 17 février 2011
par Olivia Phélip (Viabooks), le 25 novembre 2010 Alors que la 25ème journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes s'est achevée récemment, Viabooks continue à se mobiliser en appelant la grande Simone de Beauvoir en référence. L'auteur du Deuxième Sexe dont le livre publié en 1949 fit scandale a fondé les bases d'une pensée nouvelle pour l'identité des femmes.
Pourtant, les comportements résistent et les violences que subissent les femmes encore aujourd'hui, qu'il s'agisse des violences physiques, ou des atteintes à la parité et à l'équité sont le symptôme de la profonde difficulté à la pleine reconnaissance du sexe dit "faible", qui est pourtant le plus fréquemment agressé. Appelons donc la littérature en aide, relisons et incitons à relire les textes qui ouvrent l'esprit et transmettent tolérance et intelligence. Voici un extrait du Deuxième Sexe qui rend hommage à l'extrême modernité de notre Castor national, qui a su si bien dénoncer la première violence fondamentale que les femmes subissent : la considération de leur statut comme "secondaire". "Il est peu d'hommes pour souhaiter du fond du coeur que la femme achève de s'accomplir; ceux qui la méprisent ne voient pas ce qu'ils auraient à y gagner, ceux qui la chérissent voient trop ce qu'ils ont à y perdre; et il est vrai que l'évolution actuelle ne menace pas seulement le charme féminin; en se mettant à exister pour soi, la femme abdiquera la fonction de double et de médiatrice qui lui valait dans l'univers masculin sa place privilégiée ". Formons le voeu que soient nombreuses les écrivaines contemporaines qui prolongent ce message éclairant. Qu'elles poursuivent la lutte contre l''arbitraire, par la transmission du savoir et du dialogue, en devenant tout autant femmes de lettres, que femme de l'être...
Quelle étrange question... Après cette dernière semaine qui fut intense en émotions et qui vit le couronnement deMichel Houellebecq en roi du Goncourt, ainsi que celui de certains écrivains récompensés par quelques prix prestigieux, la fascination pour les livres est à son comble.
Parole de lecteur passionné, autant qu'hommage au talent des écrivains, le dernier livre de Charles Dantzigose poser la question de ce "Pourquoi", et tente de percer le secret du désir de lire. L'amateur de belles lettres à l'érudition buissonnière, auteur du célèbre "Dictionnaire égoïste de la littérature française" nous régale de mille et une raisons d'aimer lire. De "pour se faire des amis", à pour "se consoler", " apprendre", en passant par " changer le temps", "rajeunir", "pour se réveiller d'une anesthésie" ou même" pour ne plus être reine d'Angleterre", autant de clés qui évoquent l'immense, infini, inimitable et éternel bonheur de lire. Comme le dit Charles Dantzig : lire maintient dans l'utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien.C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que cela ne sert à rien" Alors, si Viabooks rend hommage aux écrivains de talent, notre site rappelle aussi à tous les lecteurs qu'ils appartiennent à la grande famille des "héritiers"comme les nomme Charles Dantzig, qui ne cherchent pas l'utile, mais l'agréable et qui peuvent à partir d'un mot, d'une phrase ou d'un chapitre, non pas peut-être changer leur monde, mais transformer leur vie en une merveilleuse course d'images et de rêves. Charles Dantzig, Pourquoi lire?, Grasset
->Lire notre article sur lesprincipaux lauréats des prix littéraires 2010 pour y piocher quelques idées de lecture
par Olivia Phélip (Viabooks), le 08 novembre 2010 Les rumeurs l'avaient donné gagnant. C'est chose faite. Comme nous l'avions supposé depuis un moment, Michel Houellebecq est le lauréat du Prix Goncourt 2010 avec La Carte et le Territoire publié par Flammarion. L'auteur a été couronné au premier tour par les jurés. Très belle récompense aussi pour Flammarion qui n'avait pas obtenu le Goncourt depuis 30 ans. Nul n'est à l'abri du succès" déclarait récemment Michel Houellebecq, De fait, malgré son apparente indifférence face à l'agitation de la course aux prix, l'auteur célébré dans le monde entier de La carte et le Territoire vient de recevoir le prix Goncourt. Une récompense qui n'avait que trop tardé, selon nombreux de ses défenseurs qui ne s'étaient jamais remis de la non récompense des Particules élémentaires. Une récompense pour laquelle nous avions très tôt pris parti à Viabooks, tant le livre et l'écrivain nous semblaient incontournables. Par son mode d'écriture qui a transformé la posture de l'auteur en témoin romanesque, Michel Houellebecq porte un regard global sur le monde. Il n'est pas seulement un auteur visionnaire et pertinent, il est aussi un de ces grands qui reconstituent un monde tout en révélant la réalité de la société. Notre dossier apporte différents éclairages sur cet auteur qui poursuit la grande tradition française des géants des lettres: ainsi nous attardons-nous sur sa filiation balzacienne, ses ambivalences littéraires, ainsi que sur les décryptages de son dernier ouvrage, La carte et le Territoire. Pour commencer, revenons sur les coulisses de ce Goncourt enfin obtenu. Michel Houellebecq sacré par le Goncourt Lire aussi notre dossier sur le phénomène, Pourquoi Michel Houellebecq a eu le Goncourt ? http://www.viabooks.fr/dossier/pourquoi-m-houellebecq-a-eu-le-goncourt-18945
par Olivia Phélip (Viabooks), le 18 octobre 2010 Depuis que les logiciels sont devenus les meilleurs amis de l'efficacité en entreprise, seraient-ils aussi devenus les meilleurs ennemis de l'intelligence ? Telle est la thèse d'un journaliste, Franck Frommer, qui a particulièrement enquêté sur les ravages du célèbre PowerPoint, un des logiciels phares de l'écurie Microsoft qui permet d'organiser des présentations visuelles avec beaucoup de facilité. Une histoire de sémantique Sémantiquement, un logiciel qui commence par" Power", annonce très directement la couleur. Il s'agit de pouvoir et non pas de savoir. Quant au "Point", cela rappelle le "un point c'est tout" comminatoire des ordres élémentaires. Et, en effet que constate-t-on devant l'envahissement du monde PowerPoint ? O horreur, nous découvrons, que ce fléau qui consiste à présenter en une série de petits écrans un ensemble d'images accompagnées de phrases chocs apporte en réalité le niveau zéro de l'explication : à gauche la photo , à droite trois mots en couleur au cas. On se dit "C'est sympathqiue cela rappelle la petite maternelle". Mais c'est surtout une redoutable manière d'endormir son cerveau et de se laisser séduire par un enchaînement pratique à vocation quasi-hypnotique. La vie en slide Car en réalité, le PowerPoint est surtout une façon de scénographier un raisonnement avec quelques formules, des listes de "points" plus ou moins cohérents et des assertions simplistes qui semblent être reliées avec logique, alors qu'elle ne sont que juxtaposées. Powerpoint c'est donc un peu " Apocalypse bureau", une nouvelle manière de s'empêcher de penser et surtout de limiter toute discussion. Franck Frommer nous rappelle qu'aux Etats Unis, un certain nombre de critiques ont vu le jour sur ce thème. Plus grave, ces critiques émanent notamment de l'Armée : car présenter un slide show sur une stratégie de guerre est une magnifique manière de penser faux... et de pousser les responsables à perdre leur "bon sens". Socrate avait déjà accusé les sophistes de confondre logique et intelligence. Le PowerPoint confond show animé et raisonnement... C'est grave, comme nous le montre Franck Frommer. Pour une revalorisation de la pensée Penser serait-il devenu un acte inutile, aujourd'hui, voire dangereux, dans un monde qui préfère instrumentaliser ses troupes plutôt que de les écouter? Voilà pourquoi plus que jamais, revaloriser les livres, la discussion, l'échange d'idées sont des actes essentiels pour préserver notre capacité d'analyse. Voilà pourquoi, à Viabooks, nous luttons à notre façon contre le rétrécissement de la pensée et défendons plus que jamais le droit à la belle et lente ascension de l'intelligence par la pratique des "humanités"...et le droit de résistance à l'épidémie PowerPoint.
Franck Frommer, La Pensée Powerpoint. Enquête sur ce logiciel qui rend stupide. La Découverte Pour accéder à l'article de Olivia Phelip (Viabooks), cliquer sur le lien :
par Olivia Phélip (Viabooks), le 07 octobre 2010 Ainsi donc le prix Nobel de littérature 2010 a-t-il été attribué à Mario Vargas Llosa. Un prix que le célèbre auteur péruvien, installé aujourd’hui en Espagne, n’attendait plus...ni les pronostiqueurs, qui n’avaient eu de cesse d’imaginer de nombreux autres noms pour laisser supposer ces dernières heures les succès de Murakami ou de Colum Mac Carthy …
Pour autant, il semble que le choix de gratifier un auteur hispano- américain de l’honneur suprême ne soit pas gratuit. Par les temps agités et contradictoires que nous connaissons, l’Amérique latine offre un exemple de transformation et de progression positives. C’est aussi la reconnaissance que cette littérature qui correspond à une identité culturelle forte, du Rio Grande à la Terre de Feu, est une littérature de la modernité et de la diversité. Du reste Mario Vargas Llosa a lui-même préfacé le catalogue consacré par Gallimard aux « Bonnes nouvelles de l’Amérique latine », héraut donc d’une culture mixte aux caractéristiques singulières et pourtant fortement résonantes.
Toutefois si l’Amérique latine trouve aussi dans ce prix le reflet de sa propre image, pourquoi l’auteur de Des chiens et des loups a-t-il été choisi pour l’incarner ? Notre hypothèse est que Llosa est un homme du réel politique, un auteur qui écrit certes raconter des histoires, mais aussi pour témoigner de l’Histoire. On est loin de la poésie ultra-subjective d’Octavio Paz, des imaginaires fantastiques de Jorge Luis Borges ou de cette luxuriance un peu baroque de Gabriel Garcia Marquez.
C’est donc un peu comme si le jury du Prix Nobel avait couronné un représentant d’une littérature « réaliste », en montrant la diversité d'une littérature souvent réduite à son goût pour "les contes magiques". Une reconnaissance qui ne peut que nous satisfaire nous français, puisqu’elle se nourrit du réalisme narratif de Balzac et de Flaubert, écrivains qui inspirèrent Llosa dans de précédents ouvrages. Réaliste. Conscient des combats du monde : tel est donc le Mario Vargas Llosa sacré par le jury Nobel, en une nécessité de le rassembler sous une bannière unique et forte.
Qu’il nous soit permis de souligner notre attachement à d'autres aspects de l'auteur, tels qu'il les a exprimés dans Tante Julia et le Scribouillard, par exemple, roman semi-autobiographie qui est autant émouvant que bourré d’humour, comme si Llosa oublia alors sa dure condition d’homme dans « la ville », pour oser être « juste » un homme dans la vie. Et peut-être encore davantage un écrivain. Pour accéder à l'article de Olivia Phelip (Viabooks), cliquer sur le lien :
par Olivia Phélip (Viabooks), le 23 septembre 2010
Puis, le prestige de l’oncle Sam s’est émoussé, la nouvelle génération d’écrivains a brillé par ses best sellers écrits comme des séries télé : romans noirs avec tireurs en rafale, bluettes à l’eau de rose avec histoires d’amour en série, récits sur l’abîme des temps modernes… Pour accéder à l'article de Olivia Phelip (Viabooks), cliquer sur le lien :
http://viabooks.fr/edito/le-regain-de-l-empire-americain-18014
Par Olivia Phelip (Viabooks), le 02 septembre 2010 Chez nos amis anglophones, la rentrée littéraire s’affiche très politique avec la sortie simultanée hier en GB et aux USA de l’autobiographie de Tony Blair, sous le titre A Journey ( Le voyage), chez Random House et en France sous le titre Mémoires chez Albin Michel. « Never explain, never complain », (ne jamais expliquer, ne jamais se plaindre) telle est la célèbre devise britannique ; une devise adaptée par Tony Blair en un «Never talk, never explain » ( ne jamais parler, ne jamais expliquer). Près de 500 pages pour ne rien dire … quel exercice de style ! Mieux encore, du grand art ! Mais la morale est sauve : les bénéfices du livre seront versés à une association qui vient en aide aux Anciens combattants. Les lecteurs devront tenter de lire entre les lignes, ou bien prendront une leçon de communication politique au travers de ce livre, qui fonctionne surtout comme une auto-agiographie, sur le ton de " Je ne regrette rien".Pour accéder à l'article de Olivia Phelip (Viabooks), cliquer sur le lien : http://www.viabooks.fr/news/tony-blair-des-memoires-sous-controle-17590 par Olivia Phélip (Viabooks), le 20 août 2010 Rentrée littéraire : concept qui tient de l’épreuve initiatique pour les nouveaux auteurs publiés, et du duel sans merci pour tous les autres protagonistes du monde des lettres, avec pour enjeu de gagner (ou rater) leur année. Les lauréats seront ces chanceux qui espéreront enchaîner avec un Prix, puis réussir leurs ventes de Noël et ensuite terminer en vedette des plages à l’été prochain…Un cycle, donc. Houellebecq est toujours un événement, mais aussi parce que l’auteur des Particules élémentaires, éternel Poulidor des Prix est aussi celui qui attend son heure. A force d’être sulfureux, il en est devenu classique et sa Carte et le territoire qui sortira le 8 Septembre prochain pourrait bien lui ouvrir la porte des honneurs qui lui ont été jusqu’alors refusés. C’est en tout cas ce qu’espère son éditeur, Flammarion.
Manifestement le lancement du livre se prépare dans les règles de l’art. Une bonne rumeur qui a commencé avec quelques informations distillées avec parcimonie : le titre d’abord, puis des indications sur le volume ( près de 500 pages ont été annoncées), puis un thème balzacien (regard d’artiste sur société en décadence)…il n'en fallait pas plus pour exciter la curiosité. Puis, pour mieux « prendre le public », un concours fut lancé chez notre confrère, le site Fluctuat, qui a proposé aux internautes d’écrire l’incipit du livre, et enfin, couronnement, une annonce en sprint final que quelques noms célèbres auraient les honneurs du récit, parmi lesquels on murmure ceux de François Pinault ou Julien Lepers, mais aussi celui de Frédéric Beigbeder. Quand on sait que Michel Houellebecq a préfacé l’édition de poche de Un roman français de Frédéric Beigbeider et que surtout l’auteur très médiatique de 99 francs est un allié de poids dans les courses aux prix… on peut parier que cette Carte se prépare à un lancement qui prend des airs de favoris… Mais comme les favoris sont parfois ceux qui s’essoufflent vite, le suspense reste entier. Goncourt ou pas Goncourt ? A suivre donc dans les semaines qui viennent. Pour en savoir plus sur les grandes lignes de cette Rentrée, lisez notre article qui en analyse les tendances, ainsi que notre présentation des futures stars du genre. Car Viabooks aussi se met au parfum de la Rentrée : restez connectés car nous allons suivre pas à pas l’évolution de cette grande foire aux auteurs. N’hésitez pas à réagir vous aussi : nous attendons vos commentaires et vos pronostics sur les prochains gagnants de la saison. Par Olivia Phélip (Viabooks), le 27 juillet 2010
Lui qui a longtemps été dans le rôle du bon ami scout avec son pull à col rond et ses yeux faussement candides veut être le premier à écrire un roman en simultané, qui nous parle en temps réel. Toujours est-il, qu’il a décidé de « faire moderne », et de troquer son cahier Clairefontaine, contre un téléphone : il nous annonce tout fièrement la préparation et le lancement sur Orange d’une « aventure qui se vivra par mobiles du 27 Octobre prochain à Mai 2011 » : pas tout à fait un roman, pas tout à fait un SMS, une sorte de cheminement hybride par les mots, dont le fil d’Ariane consistera en une distillation au compte goutte de la précieuse formule magique. On ne sait pas si Alexandre Jardin a l’intention de placer ses lecteurs sous perfusion 24h sur 24 , ou s’il leur accordera des pauses. Va-t-il nous refaire Le Loft version « non stop reading » ou le roman-photo façon la veillée des chaumières, au ralenti : « Oh, Brad, non ». Une heure plus tard « Si ». Et il faudra attendre fiévreusement une heure encore pour avoir la suite… Et voilà .On avait les romans de gare, les feuilletons à l’eau de rose, les télénovellas sans fin, la Twittérature…. Voici maintenant l’ère de la « téléphonittérature ». Va-t-elle rimer avec dé-confiture ? On imagine déjà des scènes d’amour en Sms et des palpitations en mode vibreur, le tout nous annonçant un post Nouveau roman, sans sujet, sans histoire… et sans roman. Entre la phrase du jour la météo et l’horoscope, que va pouvoir nous apporter cette aventure sans fil ? Quand l’inspiration fait défaut, la pirouette serait-elle la meilleure manière de faire parler de soi ? Cela rappelle les records absurdes du Guiness book, du genre : il a avalé plus de 500 araignées en 2 mn ou roulé à plus 400 km heure sur son vélo d’appartement. Alors nous, on fait quoi ? On ouvre un bon bouquin et on coupe notre téléphone… |
Depuis, les esprits se sont ouverts, et la littérature dite "féministe" a fleuri. De Julia Kristeva, à Antoinette Fouques en passant par Elisabeth Badinter, Hélène Cixous, Benoîte Groult ou Eve Ensler,qui ont apporté les "mots" pour dire et défendre leurs semblables.
De plus, les fêtes de Noël se rapprochent. Les livres coiffés d'un bandeau rouge sont placés sur les devantures et attendent d'être choisis, adoptés, offerts... et lus. Lus, mais pourquoi donc? D'où vient cet irrépressible désir de se saisir d'un ouvrage pour en boire les pages? Pourquoi se précipiter sur les dernières livraisons avec tant d'avidité?
Après la Rentrée littéraire riche en nouveautés, voici venir la
Les dix membres du jury, accompagnés par Yannick Haenel, lauréat de l'année précédente, ont fait part de leur dernière liste d'auteurs avant les résultats du 16 novembre, dévoilés au restaurant parisien Lasserre. Les jurés ne conservent que deux auteurs de leur dernière liste, Mohammed Aïssaoui et Claude Arnaud. Simonetta Greggio et Jean-Michel Olivier, eux, rejoignent in extremis cette ultime sélection.
On a longtemps réduit l’Amérique aux Etats Unis, le pays qui faisait rêver et nous abreuvait de ses grandes plumes symboles d’une grandeur abrupte, de Ernest Hemingway à William Faulkner en passant par John Steinbeck.
Mais, surtout plus que jamais l’Amérique retrouve 
Houellebecq est toujours un événement, mais aussi parce que l’auteur des Particules élémentaires, éternel Poulidor des Prix est aussi celui qui attend son heure. A force d’être sulfureux, il en est devenu classique et sa Carte et le territoire qui sortira le 8 Septembre prochain pourrait bien lui ouvrir la porte des honneurs qui lui ont été jusqu’alors refusés. C’est en tout cas ce qu’espère son éditeur, Flammarion.
Le livre numérique va-t-il transformer l’écriture même d’un livre ? Un long débat qui ne va pas sans quelques explorations téméraires, voire in-sensées… Alexandre JARDIN qui s’était beaucoup investi ces dernières années dans le soutien scolaire et la défense de l’orthographe veut faire un retour en force sur la scène littéraire.